En France, environ 30 000 ha d’agroforesterie moderne sont implantés (hors bocage), avec un rythme de plantation de 1 500 à 3 000 ha/an. Un tiers des agriculteurs (40 % des céréaliers) seraient prêts à s’y lancer, avec un potentiel de 122 000 ha d’ici 2035 selon le Plan de Développement de l’Agroforesterie (2015).
Les systèmes étudiés en France (implantés entre 2006-2008) sont souvent composés d’alignements d’arbres de haut jet (50-60 arbres/ha).
Peu de données économiques existent, car les arbres mettent du temps à maturité. Les études (ex. : projets SAFE, Agforward) montrent que la rentabilité dépend non seulement du bois d’œuvre, mais aussi des services écosystémiques et des aides PAC.
Si les quelques références obtenues dans des systèmes monospécifiques relativement denses offrent un premier aperçu, l’ensemble des travaux soulignent la variabilité des performances de ces systèmes en fonction de leur agencement spatial, de facteurs agronomiques et du
temps. Des efforts de recherche sont donc à fournir pour permettre une meilleure compréhension du fonctionnement des SAF céréaliers, de leurs performances agronomiques et technico-économiques, de manière à proposer aux agriculteurs et conseillers des pistes d’amélioration pour leur conception et leur gestion dans le temps. Dans le cadre du projet GRACULA, ces références seront d’autant plus précieuses qu’elles seront acquises sur des SAF relativement âgés.
Ce projet a pour finalité d’améliorer les connaissances sur les interactions entre arbres et cultures céréalières en système
agroforestier (SAF) intraparcellaire, à partir d’un réseau de parcelles âgées, dans le but mettre au point des itinéraires de gestion et de valorisation performants et de guider la conception de nouveaux systèmes. Le projet est articulé autour de plusieurs objectifs principaux :
- Évaluer et spatialiser les effets des arbres intraparcellaires sur le microclimat des parcelles, les cycles biogéochimiques du carbone et de l’azote, ainsi que l’activité biologique des sols, et leurs conséquences sur la fertilité du système.
- évaluer les performances agronomiques des cultures céréalières en parcelles agroforestières,
- produire des références des performances technico-économiques des parcelles étudiées,
- favoriser le développement de ces systèmes à travers des actions de sensibilisation et de diffusion des résultats et
des séquences de formation à destination de l’enseignement agricole et des partenaires professionnels.